13/01/2009

Cadeau

Des pleurs résonnent dans le baby-phone.

Cela fait cinq fois que je remonte la série d'escaliers pour remettre ta tétine. Mon souper a été découpé par mes allers et venues. Je suis énervée.

Après la difficile nuit passée où tu as été très remuant, avec la journée qui se termine, je voudrais « souffler » un peu. Je vois que tu n'es pas d'accord avec cela. Je t'entends hurler plus fort.

Je te sais pourtant fatigué, repus et propre. Je sais aussi qu'il suffirait que je te prenne, que je te berce en te parlant doucement. Alors je t'allongerais au creux de mon bras où tu pourrais enfouir ton visage. Peu à peu, je sentirais ton corps se détendre, j'écouterais ta respiration devenir moins saccadée et je te verrais t'endormir.

Au lieu de cela, je ne bouge pas. Je ne peux pas être là tout le temps pour t'aider à dormir.

Ce soir, toutes ces nuits sans sommeil, ces repas décousus, ces heures d'inquiétude quand  tu es malade, les ballades interminables pour te calmer, les astuces pour éviter que tu pleurniches, l'attention pour te veiller...tout cela s'accumule, s'entrechoque, explose, déborde... Il y a des apprentissages qui se font dans la douleur  pour toi...comme pour moi. Nous grandissons ensemble.

Chut...

Te voilà endormi.

Je ne résiste pas à l'envie d'aller te voir, te recouvrir, te regarder dormir paisiblement.

Et une jolie chanson me vient à l'esprit : celle de Marie Laforêt  (paroles et musique H. Howard- M.Laforêt)

Hier soir dans la cuisine, je préparais le dîner, quand mon petit garçon est entré.

Il m'a tendu un morceau de papier griffonné.

J'ai essuyé mes mains sur mon tablier, je l'ai lu. Et voici ce qu'il disait :

« Pour avoir fait mon lit toute la semaine : 3 francs.

Pour avoir été aux commissions : 1 franc.

Pour avoir surveillé le bébé pendant que, toi, tu allais aux commissions : 1 franc 25 centimes.

Pour avoir descendu la corbeille à papiers : 1 franc et 10 centimes.

Pour avoir arrosé les fleurs sur le balcon : 25 centimes.

Total : 9 francs 85 centimes. »

 Je l'ai regardé, il se tortillait en mâchant son crayon et une foule de souvenirs sont revenus à ma mémoire.  Alors j'ai pris son crayon, j'ai retourné la feuille et voilà ce que j'ai écrit :

« Pour neuf mois de patience et douze heures de souffrance : CADEAU.

Pour tant de nuits de veille, surveillant ton sommeil : CADEAU.

Pour les tours de manège, les jouets, le collège : CADEAU.

Et quand on fait le tour, le total de mon amour, c'est CADEAU. »

Quand il a eu fini de lire, il avait un gros chagrin dans les yeux. Il a levé la tête et a dit : « M'man, je t'aime très beaucoup". Il a repris son papier, l'a retourné, et en grosses, grosses lettres, a marqué : CADEAU. 

Et quand on fait le tour, le total de l'amour, c'est..., c'est CADEAU !

22:35 Écrit par Love writer dans Amour | Lien permanent | Commentaires (0)

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