14/01/2009

Rien de spécial?

A l'heure des retrouvailles , quand tu reviens d'une journée de travail, vient la question fatidique : " Comment s'est déroulée ta journée? ou "Qu'est-ce que tu as fait de beau?"

Je t'écoute me raconter les nouvelles de tes collègues, l'absence d'un patient, l'ambiance électrique dans le service ou l'atelier que tu as animé. Puis vient mon tour.

J'ai eu l'occasion de penser à cette question dès le matin en me disant que tel moment serait à partager, et pourtant, me voilà ne sachant quoi te dire.

Je ne suis pas encore bien organisée le matin. Il faut dire que je ne suis pas vraiment du matin et cela ne date pas d'hier, comme pourraient en témoigner mes parents et ma soeur.

Adolescente, dix minutes avant le départ pourl'école, je me disais que j'avais largement le temps de me laver et de déjeuner...alors que j'étais toujours bien emmitoufflée sous la couette!

Aujourd'hui encore, j'ai cette belle qualité de profiter encore et encore de la douceur et la chaleur du lit. Et ce sont mes enfants qui arrivent souvent quelques minutes en retard à l'école...

Ensuite,  je reviens à la maison où je prends le temps de déjeuner car cela n'a pas été possible plus tôt. En effet, pendant que les enfants prennent leur petit déjeuner, je donne le biberon à bébé, je vérifie si les grands ont bien préparés leurs collations, j'attache les cheveux des filles, je nourris le chat et le chien, ouvre ensuite la porte du jardin pour qu'il s'y soulage, rappelle à l'un qui rêve encore qu'il faut manger, et puis  je presse tout le monde à s'habiller. Ouf, il ne gèle plus : pas de pare-brise à nettoyer!

Arrivés à l'école, je respecte le désir de la plus jeune d'être accompagnée jusqu'à la porte. Evidemment il est rare de pouvoir se garer tout près  (ben, oui, à cette heure-là...) et je vais donc me faire encore des muscles au bras droit à porter le maxi-cosi (oui, le gauche n'a pas la force). 

Donc retour à la maison  où le bonhommet m'observe dans son relax ou bien joue tranquillement dans son parc. Il ne faut pas que je traîne car sinon il s'impatiente. C'est donc dans un début de pleurnicheries que je débarasse la table et remplit le lave-vaisselle . Ensuite, peu de temps après, je vais le coucher. J'ai trois quart d'heure (montre en main) pour faire les lits, mettre une machine à laver le linge en route, ranger ce que chacun a laissé traîner partout et repasser un peu de linge.

45 minutes plus tard : le voilà réveillé. Il passera maintenant (et pour presque deux heures ) de mes bras au relax, du relax au parc afin de le divertir, l'amuser, le faire découvrir différentes sensations. Mais bonhommet, comme sa fratrie l'était à son âge, n'ai pas du genre à se dégourdir les bras et les jambes, à faire des pirouettes et à se retourner. Non, tous mes enfants ont vite été lassés d'être couchés ou assis dans le même environnement. Et comme rien ne tient bien longtemps dans leurs mains : "Oooouin ! Au secours, maman !" Je vous entend me dire  : " Mais qu'elle le laisse pleurer un peu ! Il comprendra bien vite et fini les caprices!"  Je pense d'abord qu'à cet âge, il ne s'agit pas encore de caprices. Ensuite, j'ai déjà testé pour vous ! Et sans résultat...

Non, ce qu'il aime c'est que ça bouge ! Nombreux sourires pour les grimaces du grand frère, gazouillements interminables pour les câlins de la grande soeur et essais de sa voix pour les histoires de la plus jeune. Bonhommet aime aussi et toujours être balladé mais en position "vue surle monde", s'il vous plaît !

Heureusement, nous avons acheté LA fameuse écharpe de portage aux couleurs vives comme annonçant les joies qu'elle procure. C'est vrai que c'est très agréable en ballade ou lors de courses dans un grand magasin. Mais avez-vous déjà essayé de repasser ou de passer l'aspirateur dans la même position? Donc, il faut s'y faire : les activités ménagères sont reportées et je me concentre sur bébé.

Finalement, c'est bien pour cela que je suis en congé de maternité et d'allaitement.  J'ai un petit bonhomme que tout intéresse autour de lui mais très peu enclin à se découvrir. Comme il bouge peu, il se fatigue peu, donc il dort peu...C'est sa personnalité que j'apprend à découvrir. Les jours passent trop vite alors profitons-en!

Pour dîner, j'essaye de profiter de ses minutes de sommeil pour manger devant le journal de Jean-Pierre Pernault. Puis, il reste une petite heure avant de retrouver les "grands".

Retour à l'école où dès les premières minutes, il faut gérer les conflits passés la journée, l'envie de parler tous en même temps, la fatigue de l'un, l'excitation de l'autre. Parfois, je profite de ces baby-sitters sympas pour les laisser 5 minutes dans la voiture le temps de m'arrêter chez le pharmacien  ou le boulanger. Quand je les retrouve, la promiscuité de la voiture a souvent donné lieu à des règlements de compte. Je réfrenne mon envie de les déposer à la garderie et garde mon calme pour que la fin de journée se passe bien.

Nous nous retrouvons autour de la table pourle goûter : moment plus calme où chacun peut se raconter. Ensuite, certains ont rendez-vous avec BlaBla, d'autres jouent. Bonhommet a pris sa panade et va partager la présence à tour de rôle de chaque membre de la fratrie. Cela me donne le temps de passer un coup d'aspirateur dans une pièce ou l'autre d'autant que bonhommet pique de nouveau un petit somme.

L'heure des devoirs vient après. L'aînée est au calme dans la chambre, les deux autres près de moi à la table de la cuisine (sous l'oeil de bébé) . Je jongle de l'un à l'autre tout en veillant à ce que bonhommet ne soit pas trop bruyant ou énervé.

Il faut ensuite organiser les bains. En général, c'est la dispute pour savoir qui va partager le bain avec le petit frère. Puis c'est chacun son tour pendant que p'tit bout prend son dernier repas de la journée. Suivant sa fatigue, il nous accompagnera ou pas pour le souper.

Enfin, les enfants vont se laver les dents pendant que je débarasse et range la cuisine. Vite, un machine à faire sécher avant de monter les embrasser.

Si les petits monstres s'endorment sans faire la java, je ne devrais pas remonter 36000 fois  dans leur chambre pour faire la gendarmette et je pourrais alors me détendre un peu. Si le programme télé n'est pas archi difficile, je pourrais même repasser en même temps...

Voilà une journée-type avant ma reprise du travail. Mais quand je vous raconte tout cela, avez-vous vraiment eu le courage de me lire jusqu'au bout ? Trouvez-vous cela intéressant au point de le partager ?

Je ne me plainds pas. C'est mon choix d'être plus à la maison pour m'occuper des enfants et de l'intendance.

Dans quelques minutes, tu vas rentrer de ta journée de travail. A la question attendue, je te répondrai : "Rien de spécial..." Il m'est en effet plus facile de raconter tout ce qui était de l'ordre du "faire" et pourtant je voudrais partager uniquement ce qui est de l'ordre de l"'être".

Etre avec eux quatre, nos p'tits bouts d'amour, c'est vivre, certes, des journées plus agréables que d'autres mais c'est surtout des moments fantastiques à partager avec les enfants, des discussions constructives et des échanges intéressants. Les regarder grandir, tout simplement.

Alors? "Rien de spécial ...mais tellement de particulier!"

 

22:15 Écrit par Love writer dans Amour | Lien permanent | Commentaires (0)

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