26/02/2009

Je garde en moi

Lorsque je travaillais en hébergement, j'ai été la référente de quelques personnes handicapées. Avec certaines, ce fût un long chemin qu'il nous a été donné de partager.

Une d'entre elles vient de perdre sa maman. Aujourd'hui, j'ai été rendre un dernier hommage à cette dame. Nos rapports avaient dépassés le cadre professionnel. Je me suis rendue quelques fois chez elle pour partager un moment, en dehors de mon travail. Elle a ainsi connu ma première fille et puis mon fils. Par la suite, la référence m'a été reprise pendant un congé de maternité et elle ne m'a plus été rendue... Je continuais à avoir des contacts de temps en temps par téléphone où à la croiser lors de ses visites dans l'institution.

Quand son mari est décédé (le papa de la personne handicapée), j'ai souhaité également lui témoigner toute mon affection. Un peu plus tard, mon mari et moi avons encore partagé un moment avec elle.

Et puis, madame a vieilli, a fait des chutes chez elle à plusieurs reprises. Ces autres enfants (deux fils) ont préféré faire entrer leur maman dans un home. Et c'est dans une toute petite chambre avec mansarde que celle-ci a terminé sa vie. Pas de vue directe sur dehors, loin de sa ville. Situation pénible totalement niée par ses deux fils. Ils essayaient même de nous empêcher de venir en visite avec sa fille...tout en empêchant leur soeur de garder certains souvenirs matériels de leur maman.

Avec le corps qui s'affaiblit, comment accepter l'inacceptable ? Partir ! Partir d'abord avec la tête avant que le corps ne suive...

Lors de la cérémonie d'adieu, un diacre a pris la parole. Nous étions dans une salle avant l'incinération. L'ambiance est déjà tellement froide... Le diacre avait eu au téléphone les fils de madame. Difficile de parler de quelqu'un quand on ne l'a pas connu. Un petit mot des gens qui l'ont aimé, connu, apprécié et tout de suite, la chaleur serait arrivée. Non, aujourd'hui, madame s'est résumée à sa passion, son métier : une artiste. Quelqu'un qui a fait du "beau "autour d'elle. Et le diacre de rajouter qu'il aurait pu en dire beaucoup plus de tout ce que les fils avaient dit! En effet, il avait bien...10 phrases écrites sur son papier!!! Dix malheureuses petites phrases pour parler de leur maman !

Je ne peux juger de la relation qui les unissait. Je ne sais pas non plus l'amour qui les liait. Je n'ai pas à critiquer la manière dont ils expriment leurs sentiments.

Non, je ne peux que regretter ce manque d'amour dans leur "aurevoir", dans leurs gestes envers elle et entre eux. Si eux n'en souffrent pas, leur soeur, elle, recherche toujours cet amour, cette affection. C'est peut-être une de ces missions au sein de sa famille. En tous cas, au sein de l'institution, c'est une des personnes qui m'a appris à lui ouvrir mes bras et mon coeur.

Madame, merci pour cette fille que vous avez mise au monde. Merci pour les moments partagés. Merci pour l'ouverture d'esprit. Merci pour l''initiation à l'art. Je garde en moi votre sourire en coin et vos yeux pétillants.

 

22:45 Écrit par Love writer dans Amour | Lien permanent | Commentaires (0)

19/02/2009

Contradiction

Quand le travail vient en contradiction avec des valeurs fondamentales, la gestion des émotions et sentiments qui m'animent alors n'est pas toujours évidente.

Lors d'une réunion d'équipe cet après-midi, j'ai été confronté à des réticences, des peurs et des préjugés.

La discussion portait sur des outils de communication qui vont pouvoir nous aider à mieux nous comprendre, mieux accepter nos différences et nos compétences respectives.

J'ai, pour habitude, dans mon métier et dans ma vie privée, de parler avec un maximum de transparence. Un de mes principes est que tout peut être dit, si trois conditions sont respectées. Il y a un temps, un lieu et une manière pour dire les choses.

Lors de cette réunion, je me suis senti un peu seul, j'ai essayé d'expliquer de différentes manières argumentant les avantages que cela nous procurerait d'améliorer notre communication. J'ai ressenti beaucoup de peurs : peur de parler, peur d'entendre, peur d'être confronté à soi-même, au regard des autres.

J'observais malgré moi toutes les expressions, les mimiques, les postures et les regards. Tout ce langage non-verbal tellement silencieux et si bruyant dans ma tête.

Comment rester en accord avec soi, avec mes convictions, mes valeurs quand elles ne peuvent s'exprimer sur mon lieu de travail. Je ne souhaite pas fonctionner à deux vitesses, je veux rester entier tant avec ma famille qu'avec mes collègues. Tant de questions qui actuellement ne trouvent pas de réponses satisfaisantes. Je sais que je ne peux pas fonctionner de manière identique chez moi et au travail. Mais quand-même ! Fonctionner en faux-semblant n'arrivant pas à se parler et se dire simplement ce qui doit être dit, c'est frustrant.

En attendant que le voile des peurs se lève avec mes collègues, je reste moi, tel que je suis avec mes qualités et mes défauts, mes convictions et mes valeurs. Chez moi ,avec ma famille, je me sens bien au chaud confortable. Ma famille est mon énergie, mon havre de paix.

22:53 Écrit par Love writer dans Amour | Lien permanent | Commentaires (0)

17/02/2009

Bazooka "le retour"

Dans un blog précédent : "Il y a des jours comme ça", je parlais de mon fils qui s'amusait avec son téléscope. Cet objet se transformait en bazooka.

Il y a quelques jours alors que mon bonhomme est malade, je lui propose d'en construire un. Son visage s'illumine, de suite il se plonge dans ses histoires de bataille. 

Aujourd'hui nous avons pu réaliser ce petit rêve. J'avais prévu tout le matériel nécessaire, pris mes renseignements sur internet pour savoir à quoi ressemble un bazooka. Il y en a tellement que le choix ne fût pas facile. J'ai même pris le temps de le dessiner sous différents angles.

La construction commence : papier journal, tube en carton de moquette, ruban adhésif, colle à tapisser, aluminium,... Tout est là, nous sommes lancés dans l'aventure.

Ces heures partagées dans ce réve qui petit à petit prenait forme ont été merveilleuses. Une tendre complicité nous unissait. Un papa est entré dans l'imaginaire d'un garçon de presque 9ans. Je me suis retrouvé moi-même dans mes propres rêves. Bien entendu tout n'a pu se faire ce jour. Et bien que mon bonhomme soit impatient de terminer son bazooka, nous avons devant nous encore de bons moments à partager ensemble.

Vous pourriez me dire qu'il n'y a rien d'exceptionnel dans ce qui a été fait. Vous auriez propbablement raison. En réalité ,rien de franchement géant. Juste un papa qui passe un peu de temps avec son fils et qui bricole avec lui.

Mais la magie vient aussi dans la conscience que nous avons à ressentir et profiter pleinement des émotions partagées. C'est savourer des instants de bonheur simple qui font partie maintenant de notre histoire à nous deux, rien qu'à nous.

 

 

22:54 Écrit par Love writer dans Amour | Lien permanent | Commentaires (0)

14/02/2009

Un autre papa

Jeudi soir était un soir comme tous les autres. Après ma journée de travail (trop longue), je rentre  tard. Ma fille ainée ne dort pas, elle m'attend. Je monte pour l'embrasser et prendre le temps d'un petit calin. Ce soir-là, elle me dit : "Tu sais papa, j'ai trois choses à te dire. La première est que je me suis réconciliée avec mon amie. La deuxiéme, c'est bientôt ton anniversaire. Et la troisième : j'ai les seins qui poussent !".

Et bien je m'attendais à tout sauf à ça ! Ma fille (bientôt 11 ans) m'annonce qu'elle a les seins qui poussent. Un père peut-il être préparé à ce genre de nouvelle ? Moi pas. Vous ne pouvez pas imaginer tout ce qui a pu défiler dans mon esprit en quelques secondes.

J'ai eu l'impression de perdre une petite fille et d'avoir en face de moi une pré-adolescente. Elle me regardait avec des yeux remplis d'étoiles. Son visage d'ange s'illuminait de mille feux.

Alors que ce soit la réalité ou non, cela n'avait aucune importance. Elle avait ce besoin de me confier cette nouvelle importante (ô combien importante) dans la vie d'une petite fille, dans la vie de ma fille chérie. Un sentiment étrange m'a envahi : un mélange de fierté, de complicité partagée et d'inquiétude.

Il n'en reste pas moins qu'une fois en bas, dans le salon, je me suis assis et après avoir respiré une bonne fois, des images ont défilé dans la tête. Une impression que ces 10 années sont passées à une vitesse incroyable.

Ce qui est certain, c'est qu'à partir de ce jour, plus jamais je ne verrais ma fille avec le même regard.

Commence pour moi une autre phase dans mon rôle de papa. Un rôle où mes gestes, mes paroles et mes pensées vont prendre d'autres couleurs. Car ma fille change. Si ce ne l'est pas encore dans son corps, ça l'est certainement déjà dans sa tête.

Et là, le papa, il est très fier.

23:42 Écrit par Love writer dans Amour | Lien permanent | Commentaires (0)

11/02/2009

Une belle histoire

C'était un lundi, en début de soirée. J'étais dans la cuisine de mon lieu de travail. Ma responsable me présente le "nouveau" kiné  de l'institution. Je lève la tête, le regarde...et lui sourit. Non, pas un sourire de politesse. Un vrai sourire que l'on offre à quelqu'un que l'on connait si bien. Je m'étonne tout de suite de ma réaction. Qu'est-ce qui me prend ?

Le kiné continue sa discussion avec ma responsable. J'observe que celui-ci n'hésite pas à la toucher pour appuyer ses explications relatives à un traitement. Ce contact physique me fait réagir, comme si cela me dérangeait.

Un peu plus tard, nous aurons nos premières discussions. En réalité, très vite, nous communiquons par l'humour. Chacun cherche à taquiner l'autre.

La journée de travail suivante, c'est le même scénario. Les personnes qui nous entourent sont les témoins d'une connivence particulière. Une collègue me dira même que quand elle passait près de nous en discussion, elle avait l'impression de déranger. Ce soir-là, c'est vrai que nous avons précisé tous les deux que nous étions célibataires après des histoires difficiles. Et puis, le kiné a du partir...

La fin de semaine puis le week-end : de longues journées où je me suis surprise à imaginer quelque chose entre lui et moi. Ce n'était pourtant pas le moment, j'avais besoin de temps, envie de me retrouver. Est-ce que je n'étais pas entrain de me créer une histoire imaginaire ? Quoi qu'il en était, ce sentiment était si bon !  J'avais même envie d'aller promener mon chien dans une certaine région, histoire de le croiser par hasard...

Des heures d'attente où j'ai pris la décision de me lancer dès le lundi. J'allais l'inviter à une conférence qui avait lieu le mercredi même. Et tanpis si j'essuyais un refus catégorique : j'ai toujours préféré prendre ce risque plutôt que d'avoir à le regretter un jour.

Le fameux lundi arrrive. Je vois sa voiture garée devant l'institution quand j'arrive et mon coeur s'emballe.

Pendant notre temps de travail commun, je réussis à trouver un moment plus calme pour l'aborder et lui faire ma fameuse demande...

Il a dit : "OUI !!!!"

Waouw ! Je suis heureuse . Mais peut-être est-il plus intéressé  par les dauphins (thème de la conférence) que par moi... Encore attendre deux jours...

Le jour "J", nous prenons la route ensemble vers Bruxelles, l'occasion de parler encore : il a déjà soupé ! Moi qui croyait que nous pourrions aller manger un bout ensemble...

La conférence est nulle, il s'énerve, fait des réflexions humoristiques. J'ai beau essayer de lui faire prendre patience, de rapprocher mon genou du sien...rien n'y fait. La soirée va être un flop...

La conférence terminée, je lui fais part de mon envie d'aller manger quelque chose. Il est d'accord et m'emmène près de la Grand-Place, dans la rue des pittas. Nous nous retrouvons face à face. Son regard si bleu, si tendre est difficile à soutenir; il me perturbe. Notre repas se déroule dans cette ambiance magique.

Ensuite, nous allons nous promener. La ballade commence donc à la Grand-Place où il me prend la main, l'air de rien pour lui ...comme pour moi !

Tout était si évident !  Notre premier baiser le sera aussi, quelque part sur le boulevard.

Nous avons passé notre première nuit à parler : oui, à parler !  Nous avons parlé des enfants dont nous avions envie, de l'année que nous nous laissions à nous deux et de plein d'autres choses...

Quatre enfants et douze ans et demi plus tard, l'évidence (qui interpelle certains) est toujours là, bien vivante ! 

Il est l'homme de ma vie, celui que j'aime, celui qui fait vibrer mon coeur quand j'entends la clé dans la serrure à l 'heure de son retour...

Le voilà ! La belle histoire continue...

 

22:53 Écrit par Love writer dans Amour | Lien permanent | Commentaires (0)

08/02/2009

Un avant-goût

Une idée lancée comme ça...et rattrapée en l'air par mon p'ti mari. Finalement, un beau début de week-end qui s'annonce.

Il y a deux jours, à la fin de notre semaine de "chassé-croisé", nous recherchions à nous retrouver. La Saint-Valentin arrivant, c'était une occasion supplémentaire de le faire.

Lui et moi fuyons les restaurants le jour "J". L'ambiance de toutes ces tables de deux, de ces discours feutrés et de ce manque d'intimité...très peu pour nous ! Nous choisissons donc de nous faire un p'tit resto la veille. Seuls parmi tous, nous nous sentons bien, amoureux seuls au monde.

Je lui ai également partagé mon envie de nous offrir une nuit à l'hôtel. Son regard disait que cela ne lui déplairait pas... Mais tout de suite, j'ai pensé aux réalités de notre vie de famille.

Il y a d'abord bébé qui a encore besoin de moi pour sa tétée de la nuit (où est-ce moi qui est besoin de lui?). Toujours est-il que nous ne serions pas vraiment en amoureux. Alors ne vaudrait-il pas mieux attendre encore un peu ?

Ensuite, à qui allions-nous demander de garder les trois grands ? Trois filous comme eux...ce n'est pas une mince affaire !

Enfin, le lendemain, nous ne pourrions pas profiter d'une grasse matinée ou d'une ballade dans la région car nos trois canailles sont aussi respectivement des nuton, lutin et louveteau qui ont leurs obligations dès le début d'après-midi.

Non, vraiment, l'idée (bien belle) n'était pas très réaliste actuellement.

C'était sans compter sur mon homme. Il m'annonce aujourd'hui que les enfants iront chez mes beaux-parents  (merci papydoux et mamydoux ;-))vendredi soir car l'hôtel est réservé ! "Oh, une chambre avec une petite suite ", me dit-il.

Cela m'est égal, moi : une grande chambre ou une petite. Bien sûr, je suis flattée qu'il est choisi quelque chose de romantique. Mais je suis surtout très heureuse qu'il est tout organisé pour me faire cette belle surprise.

Alors, je vais me laisser faire, ne pas chercher à en savoir plus, me laisser chouchouter. Et foi de moi, cela ne me ressemble pas ! "Tu es comme le bon vin...tu bonifies avec les années, chérie ".  Ouais, j'suis amoureuse, grav' ! Certains jours, c'est...tous les jours la Saint-Valentin !

21:46 Écrit par Love writer dans Amour | Lien permanent | Commentaires (0)

06/02/2009

Chassé-croisé

Depuis quelques jours, mes horaires de travail ainsi que diverses activités (sans mon épouse) font que nous ne nous voyons pas beaucoup. Cette période de distance n'est pas facile à gérer (surtout pour elle). Je suis présent à la maison quand elle travaille et inversément. Pour ajouter une couche (comme quoi quand on est dans les difficultés il y en a toujours d'autres qui semblent se rajouter comme des aimants), elle trouve que je n'en fais pas assez dans la maison.

Alors là, cela montre bien qu'homme et femme ne sont pas sur la même longueur d'onde. Nous avons tous deux une perception "légèrement" différente des événements.

Je n'ai pas été formé aux différentes tâches ménagères... Je dois m'occuper du petit bout (quand il n'est pas chez la gardienne), voir ce qui n'est pas sur la liste (oui ,car mon épouse me fait une liste au cas où...), obtenir un rendement optimal pour réaliser le tout en un temps record. Et bien , tout cela pour un homme, est une source de stress non-négligeable.

Il faut quand même que je vous dise qu'elle a la subtilité de me dire en partant que je fais ce que je peux. Mais la pression est malgré tout présente.

Donc je m'affaire, je fais ce que je peux. En fin de compte, je trouve que je m'en sors pas trop mal. Il est naturel d'être en droit d'attendre un minimum de reconnaissance et de valorisation. Un homme aime être valorisé, sentir qu'il fait bien les choses, qu'il est fort et qu'on peut compter sur lui.

La réalité est toute différente, hélas cent fois hélas ! Aprés le bisou des retrouvailles, vient : "mais tu n'as rien fait ,comment t'es-tu organisé ?" C'est vrai qu'elle reconnaît ce que j'ai "quand même" fait.

Dans ce chassé-croisé où nous nous reposons l'un sur l'autre et où les notions d'intendance sont à l'avant plan, il est compliqué de profiter des petits moments que nous avons ensemble. Ces moments sont présents quand les enfants sont au lit et quand je suis présent à la maison.

L'attente que nous pouvons avoir de ces instants-là sont en eux-même comme une obligation qu'ils doivent être de bonne qualité. Hors ce n'est pas toujours le cas. Il n'existe malheureusement pas de recette. Je peux me dire "patience", "ça ira mieux plus tard."

Toutes ces bonnes pensées peuvent permettre de relativiser et de se dire : l'Amour n'est pas mis en cause ,nous restons importants l'un pour l'autre. Une distance dans une relation n'est pas forcémént signe de tension. Cela permet, entre autre chose ,de pouvoir mieux se retrouver.

21:31 Écrit par Love writer dans Amour | Lien permanent | Commentaires (0)