14/03/2009

Belles différences

Il y a une polémique à la télévision britannique. Le sujet : une présentatrice d'émissions pour enfants, handicapée.

Plusieurs parents se sont plaignent que  "Cerrie Burnell  (la présentatrice) fait peur à leurs enfants ! Ils en auraient des cauchemars et poseraient des questions embarassantes sur les handicapés."

D'abord, il s'agit de PERSONNES handicapées. Pourquoi réduire quelqu'un à un adjectif ? Les vieux, les sourds, les gros, ...autant de personnes cachées derrière un qualificatif négatif. Non, il s'agit de personnes âgées, de personnes sourdes, de personnes grosses ou bien portantes. Retrouver avant tout un peu d'humanité.

"Les enfants feraient des cauchemars et poseraient des questions embarassarantes". J'ai montré la photo de Cerrie  à mes enfants et leur ai demandé  : "si demain, elle devait remplacer Bla-Bla, quelle serait votre réaction ? " Réponse : "rien, pourquoi ?"Pas de problème pour eux et j'en suis heureuse.

Pas de problème pour eux mais est-ce que cela ne vient pas des valeurs et de l'éducation que nous leur transmettons ? Un enfant naît sans distinction des différences. Quand peu à peu, il se rend compte de l'autre comme différent de lui, il observe comment l'entourrage est face à cet autre et prend exemple.

Il ouvre son coeur, il ouvre son corps et puis il ouvre sa tête...ou il se renferme dans les choses connues, rassurantes, identiques à lui.

Ceci est valable face au handicap mais aussi face à une culture, une religion, un milieu différents.

Ainsi donc ce serait les parents qui auraient peur, qui ne seraient quoi répondre face aux questions de leurs enfants.

Travaillant pour des personnes handicapées depuis 18 ans, je constate régulièrement le manque de civisme de certains quand ils empruntent la place de parking réservée aux personnes handicapées. J'observe les regards fuyants des passants ou les regards blessants des curieux. Je vois l'indifférence face à des aides dont nous aurions besoin.

Face à l'inconnu, je peux comprendre que la peur et la maladresse soient les premiers éléments d'une relation. Mais il faut prendre le risque de passer ce cap, de franchir ces barrières invisibles, de laisser les préjugés de côté et aller vers l'autre. Retrouver son coeur d'enfant...

Cela ne se mentalise pas, cela ne se calcule pas : cela se vit pleinement. Chaque jour au contact des personnes handicapées mentales, je me nourris de leur authenticité, de leur vérité, de leur manque de méchanceté, de leur intérêt vers l'autre. J'apprends beaucoup en vivant avec eux.

Pour moi, les personnes handicapées n'ont pas quelque chose de moins par rapport à d'autres mais elles ont bel et bien quelque chose de plus !

A suivre...

 

 

22:34 Écrit par Love writer dans Amour | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

Je pense que le souci réside en effet au niveau des parents... Quand ma fille a vu pour la première fois quelqu'un en chaise roulante, elle s'est tournée vers moi et a fait une réflexion à voix haute. c'est parce que je n'ai pas honte, ni peur des différences que j'ai pu m'approcher de la personne handicapée avec ma fille et bavarder tous les 3... pour démystifier...

Écrit par : maman débordée | 24/03/2009

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