18/03/2009

Différences...(suites)

Il y a des questions que je me pose par rapport au handicap et dont je n'ai pas de réponses.

Les personnes handicapées, accueillies dans l'institution où je travaille, ont en moyenne 50 ans. A l'époque, le suivi de la grossesse, de l'accouchement et des premières années de vie de l'enfant ne bénéficiait pas de toutes les techniques actuelles. Les mères n'avaient pas de visite mensuelle, d'échographies, de "tri-test", d'amniosynthèse, etc...

Aujourd'hui, ce suivi ultra-médicalisé permet d'aider certaines grossesses, de sauver certains enfants mais il soulève aussi le problème du handicap.

Les examens pré-natals cherchent à connaître le pourcentage de "chance" d'avoir un enfant atteint de tel syndrome trisomique. L'échographie scrute chaque centimètre du corps du bébé afin de savoir si il est "normal".

Qu'est-ce qu'un enfant "normal" ? Est-ce un enfant qui a deux bras, dix doigts, deux jambes, dix orteils ? Est-ce un enfant qui a un beau profil ? Est-ce un enfant bien proportionné ? Est-ce un enfant qui a tout ce qui faut là où il faut ? D'ailleurs l'a-t-il réellement ? Car ce que l'on voit n'est qu'une façade. Tout le corps ne peut être sondé, seulement certaines différences peuvent être décelées.

Si vous avez répondu "oui" à chacune de ces questions, alors que fait-on d'un enfant à qui il manque un bras ? Ou une oreille ?  Que fait-on d'un enfant malade ou handicapé après sa naissance ? On zappe ???!!!

A partir de quel moment, prend-on la décision que ce petit bout n'est pas assez bien , que ce petit être n'a pas droit à la vie ? QUI peut avoir ce droit de vie et de mort sur lui ?

De notre conception, de notre naissance à notre mort, nous traverserons tous des épreuves plus ou moins difficiles, nous cotoyerons la maladie, les accidents. Ces évènements pourraient nous rendre un jour moins "beaux", moins "normaux" ou peut-être handicapés. Serons-nous alors aussi "zappés" ? "Exit" à celui qui n'est pas comme les autres ?

Quels seront alors les critères ? La productivité, l'aspect physique, le caractère invalidant, l'âge, le niveau intellectuel, la dépendance ?

N'existe-t-elle pas déjà cette mise à l'écart des personnes âgées dans certains homes qui ne sont que des mouroirs et non plus des lieux de vie ?

N'existe-t-elle pas pas cette distante indifférence ou cette distance indifférente à la personne handicapée ?

A vouloir à tout prix s'enfermer dans ces certitudes, dans ces habitudes, dans une norme pré-définie, ne passons-nous pas à côté de l'autre et donc à côté de nous ?

22:24 Écrit par Love writer dans Amour | Lien permanent | Commentaires (0)

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