08/12/2009

Madame la directrice,

Mesdames les institutrices et messieurs les instituteurs,

Madame C.,

Par cette lettre, nous souhaiterions vous parler de notre fils, 9 ans et demi. Nous souhaiterions vous aider à porter un autre regard sur lui  et solliciter votre aide.

Il y a quelques jours, les yeux plein de larmes et après avoir beaucoup insistés, notre fils parvient à nous dire : "Dans la cour de récréation, des "grands" passent à chaque fois près de moi en me traitant de "con"...un autre de 3ème me menace du poing avant de me l'enfoncer dans le ventre...A chaque fois que l'on fait des groupes à la gym ou en classe, je suis toujours le dernier choisi."

Et des larmes remplissent ses grands yeux bleus.

Entendre cela de la bouche de notre petit bonhomme est comme un coup de poignard.

Oui, notre fils ne va pas bien et cela se voit. Cela n'a pas manqué de sauter aux yeux de ces autres enfants qui essayent chaque jour de l'enfoncer un peu plus.

C'est un garçon très sensible au grand coeur. C'est un garçon affectueux qui aime être dans la relation à l'autre, se sentir reconnu, valorisé. Il aime imaginer, créer, inventer. Il est parfois un peu dans son monde et la réalité de la vie ne lui est pas toujours facile à accepter.

Notre bonhommet est le deuxième dans la fratrie, entourée de deux soeurs aux caractères bien différents mais bien marqués. Il a difficile de trouver sa place, de prendre sa place. "Trop petit pour, trop grand pour".

L'arrivée d'un autre "petit homme" a été un bonheur pour lui, il s'est vite imaginé partageant plein de choses avec lui mais il y a le grand écart d'âge... Il est un grand frère très protecteur.

A l'école, notre bonhommet est arrivé en première primaire. Il avait perdu ses copains de maternelle et a du se refaire une place. Pour lui, c'est depuis ce temps qu'il éprouve des difficultés. Il n'a peut-être pas trouvé le moyen pour entrer en relation : parfois clown pour faire rire les autres, parfois perturbateur pour se faire remarquer, parfois violent aussi.

Toujours dans le même but de reconnaissance, d'être apprécié, aimé.

Aujourd'h'ui, notre petit d'homme a pour seul ami une petit garçon qui l'emmène vers des chemins pas très "fréquentables"...

A ces difficultés de prendre sa place, s'ajoutent des intolérances à la frustration, des refus d'autorité, des angoisses existentielles qui lui appartiennent.

Après avoir recherché de l'aide en kinésiologie, nous avons vu quelques améliorations. Cependant, rien de très significatif.

Notre fils va entamer cette semaine une thérapie assistée par le cheval. C'est une démarche qui le motive beaucoup grâce à la présence de ce noble animal. Face à lui, il devra gérer ces frustrations, prendre sa place, reprendre confiance en lui.

Ce travail sur lui ne peut être réalisé sans votre aide. En effet, qu'adviendra-t-il de lui si les enfants utilisent son absence des cours comme une manière de le ridiculiser encore ?

Pouvons-nous laisser de tels comportements se reproduire ?

Nous croyons profondément à la bonté et à la générosité de tout enfant. Les comportements négatifs ne sont que ceux appris ou observés des adultes que nous sommes.

Serait-il possible qu'un tel sujet soit abordé en classe ? A la place d'une histoire sur Jésus,  serait-il envisageable de raconter l'histoire d'un enfant qui vit des difficultés relationnelles ? D'interroger les élèves sur ce qu'une telle situation évoque chez eux ? Se sont-ils un jour retrouvés victime ou "bourreau"? Quelles émotions ont-ils vécu alors ? Comment pourrait-on aider un tel enfant ?

Faire prendre conscience aux enfants qu'un être malheureux n'a pas besoin d'être rejeté mais aimé deux fois plus !

De notre côté, nous sommes des parents qui avançons par essai et avec beaucoup d'erreurs. Notre seule certitude est notre amour pour chacun de nos enfants. Nous savons que cette épreuve nous apprendra encore beaucoup sur lui et sur nous-mêmes.

Nous restons à votre entière disposition pour parler de notre fils et envisager avec vous des pistes de solutions.

Nous vous remercions pour le temps accordé à la lecture de cette lettre et pour ce que vous faites pour nos enfants.

 

 

22:03 Écrit par Love writer dans Amour | Lien permanent | Commentaires (2)

05/12/2009

Gentils les enfants ?

Avec la création de ce blog, nous nous étions promis, mon homme et moi, de trouver le positif de chaque situation. Aujourd'hui, cela commence plutôt mal...

Notre grand bonhomme ne va pas bien. Difficile pour des parents de voir souffrir son enfant. 

Quand je feuillette l'album-photo de sa si jeune vie, je vois un petit prince. Celui-là même qui se dessinne une vie imaginaire, faite de plaisirs à chaque moment, de grands rêves, de beaucoup d'envie, de malices ; le tout saupoudré d'amour à en recouvrir chaque centimètres-carré d'air à respirer.

Un petit homme au coeur d'or et si sensible.

Un petit garçon qui réussit enfin à nous dire, le coeur plein de larmes, que dans la cour de l'école les grands passent près de lui en le traitant de "con", qu'un autre de troisième se dirige vers lui le poing tendu pour lui enfoncer dans le ventre, que d'autres enfants refusent de jouer avec lui...

Gentils les enfants ???? J'ai le ventre tout retourné, la colère qui gronde et les larmes coulent. Mon bonhommet transpire son mal-être, tient le coup tant bien que mal et ces enfants lui assènent les derniers coups !!! Quel poignard dans mon coeur ! Plus que son professeur, c'est mainenant à tout le corps enseignant que nous faisons appel pour que de tels comportements n'existent plus !

Comment l'aider à retrouver sa place et à la prendre dans sa fratrie, dans sa famille, dans sa classe, dans sa meute ?

Nous avons essayé seuls mais tout notre amour n'a pas suffit. Nous avons fait appel à une aide extérieure mais celle-ci nous a ramenés à nos manques de parents, à nos manques d'enfants. Nous avons fait ou faisons encore ce travail sur nous-même mais n'avons pas vu d'amélioration importante chez notre grand.

La semaine prochaine, c'est une autre aide que nous solliciterons. Une rencontre qui le réjouit et nous fait du bien au coeur. Une rencontre du hasard (mais existe-t-il vraiment ?), quelques clics sur la toile, quelques mots qui résonnent, un appel, une voix, un courant qui passe...

Vivre quelque chose qui ne se décrit pas mais qui se vit pleinement, quelque chose de l'ordre d'une rencontre fantastique, un peu imaginaire, un peu irréelle, un peu hors du temps mais profondémment vraie.

Et puis l'espoir que cette magie tant aimée de notre bonhomme puisse le faire retrouver sa joie de vivre pleinement chaque minute de sa vie.

Il a l'intelligence des émotions et il nous aide à nous reconnecter à notre corps et à nos ressentis. Il  fait partie de la gente animale et est en l'occurence ici, le cheval.

L'espoir qu'Il lui dessine un avenir meilleur... au pas, au trot, au galop !

00:18 Écrit par Love writer dans Amour | Lien permanent | Commentaires (1)