14/04/2010

Joyeux non-anniversaire ?!

Dans le nord de la France, le 14 avril 1940 naissait une petite fille appelée Nicole, toi ma p'tite maman.

Tes premières années en temps de guerre, le décès de ta maman à l'âge de neuf ans, le remariage de ton papa, une fratrie qui se brise, très vite un travail, un mariage d'amour avec un belge, se faire une place dans une famille d'origine différente, donner la vie à trois enfants, arrêter de travailler pour être avec eux, être heureux, un jour les voir partir, les voir souffrir, être malade avec eux, à cause d'eux, devenir grand-mère, se réjouïr pour les petits-enfants mais aussi s'inquiéter pour eux et...

Aujourd'hui, jour de tes septante ans (résumés trop rapidement) ne rien vouloir de nous.

Le seul cadeau que tu voulais était de passer quelques jours tous ensemble en famille. Mais l'une de tes filles a pris du recul par rapport au reste de la famille, l'a renié, l'a ignoré, l'a imploré parfois pour plus encore la mettre à distance. Alors papa, qui souffre aussi de cette situation, a décidé de ne rien t'organiser et de ne participer à rien. Et je me demande alors si il y a quelqu'un de plus important qu'un autre ? Est-ce réellement toute la famille ou rien ? Devons-nous nous arrêter de vivre, de nous amuser, de nous revoir parce que l'un d'entre nous n'a pas ce même plaisir ? Oui, il manque quelqu'un près de nous, quelqu'un à qui nous avons laissé  la porte ouverte malgré tout, quelqu'un que nous espèrons croiser bien vite sur nos chemins mais que nous ne devons pas attendre sur le quai au risque de passer à côté d'autres beaux moments.

Depuis quelques années, les réunions de famille ont un drôle de goût. Celui que jamais tu ne voulais pour nous. Pendant toutes ces années où nous avons grandi à tes côtés, tu n'as cessé de mettre en avant notre famille, tu l'as protégé des attaques quand l'un de nous allait moins bien, tu as sacrifié du temps, de l'énergie, de la santé, de l'argent. Ces valeurs nous les avons prises pour nôtres ou laissées sur le côté. Telles sont les limites de l'amour, de l'éducation.

Moi qui mène aussi aujourd'hui la barque de ma famille entre amour, valeurs essentielles, règles et impondérables, je comprends chaque jour à quel point tu nous aimes pour avoir tenu bon contre vents et marées.

Bien sûr, certaines épreuves ont laissé des traces. Celle que nous traversons aujourd'hui ne me permet pas de t'entendre et de te souhaiter un joyeux anniversaire. C'est la première fois depuis 42 ans et cela me rend triste.

J'ai respecté ton désir, maman, celui de faire de ce jour un jour banal. Mais sache que j'ai pensé très fort à toi plein de fois aujourd'hui comme souvent les autres jours aussi.

Tu es quelqu'un de bien, ne laisse personne dire ou penser le contraire ! Tu as un coeur immense, tu fonctionnes aux sentiments et je suis très fière d'être ta fille aînée.

Merci de m'avoir donner la vie, merci pour tout ce que tu m'as donné depuis, merci d'ouvrir le coeur de mon papa, merci d'être qui tu es.

Et vogue la vie encore longtemps avec toi, maman !

Je t'embrasse comme je t'aime, c'est à dire très fort !

22:00 Écrit par Love writer dans Amour | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

bonjour bonjour ...
je prends quelques minutes
pour te laisser

un petit mot pour te souhaiter ...
une merveilleuse journée...
coeurdenfant
http://coeurdenfant.skynetblogs.be

Écrit par : coeurdenfant | 14/04/2010

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