19/08/2010

Tu es parti...

La vie à tes côtés, c'est beaucoup de souvenirs.

Tu n’as laissé personne indifférent.

Tu étais respecté et beaucoup aimé par tous tes amis présents aujourd'hui et aussi par ceux qui ne sont là qu'en pensées (comme le Grand Luc)

Quelles belles traces tu nous laisses là !

Je me souviens de :

-«  Allo, c’est Georges ! »

-«  Georges, c’est moi. »

Et j’entends une autre voix qui dit :

-« Ah, c’est Eguige. »

Oui, Vivi, c’est moi, pour « loui », une dernière fois, je vous dérange en boulangerie…

Un atelier, une partie de ta vie. Tes amis artisans, Rose, Cécile et grand Luc l’ont bien décrit.

Un travail que tu aimais, une place importante que tu défendais, un pain que tu étais heureux et fier que nous emportions avec nous.

Moi, c’est en t’accompagnant en hébergement que je t’ai connu.

Avant de partir à l’atelier, te réveiller parfois ou le plus souvent te retrouver déjà debout, sous ta douche un peu trop chaude. Tu râlais que je t’en fasse la remarque alors je me faisais pardonner en te frottant le dos.

Il fallait que cela aille vite, ne pas traîner.

Je te retrouvais aussi après ta journée. Et là, tu aimais souvent être un peu seul, dans ta chambre à écouter de la musique, chipoter à ta radio, dessiner.

Et quand, de « temps z’ en temps » comme tu disais, il fallait ranger ta chambre, j’avais beaucoup de mal à ouvrir les tiroirs remplis de tes nombreux trésors : des cassettes audio ou cd par dizaine, des dessins et des marqueurs par centaines.

Tu aimais aussi déambuler dans les couloirs à l’écoute de tout ce qu’il se passait, excédé parfois par l’un ou l’autre, discutant de près ou de loin avec Vivi en commentant la journée. Mais toujours tu étais présent quand nous avions besoin de toi pour nous rendre un service. Tu aimais te sentir utile. Surtout ne pas se  « tourner les pouces » !

Et puis la soirée avançait et il fallait bien se coucher.

-« Non, pas avec les poules ! »

Les plaisirs de ta vie, c’était aussi bien manger, aller au restaurant chinois, de préférence, mais si pas, tu disais « cela ne me dérange pas ».

Tu aimais chanter, danser et faire la fête. Et il fallait de l’énergie pour te suivre sur la piste de danse !

Tu aimais aussi te promener, aller à la rencontre d’autre chose.

Mais tous ces plaisirs auraient moins de saveurs sans celui qui était le plus important : les femmes !

Ton cœur était grand et ton amour pour elles tout autant.

Tu savais nous charmer, nous séduire, nous faire rire.

L’humour était une de tes forces. Cette façon bien à toi de reprendre le dernier mot de nos phrases et d’en faire quelque chose de drôle !

Tu aimais taquiner et être taquiné. J’ai compris ce jeu comme une manière de nous montrer, hommes et femmes, que tu tenais à nous.

Alors à chaque occasion de rencontre, j’essayais moi aussi de te faire sourire pour voir ton visage s’illuminer et ton beau regard s’éclairer.

Moi aussi, je voulais te montrer mon affection. Je voulais avoir une petite place dans ton cœur car tu étais si attachant.

Alors « de temps z’en temps », j’acceptais en jouant la femme jalouse que d’autres que moi t’appellent  « mon p’tit chéri » ou te dise des mots doux. Oh, je sais bien, ta p’tite femme c’était Vivi et ses grands yeux noirs me rappelaient que c’était toi, son homme. Elle a souffert de te voir en aimer d’autres mais tu as eu cette honnêteté de ne rien cacher.

Un jour, ce désir de vivre autre chose a été si grand que tu as voulu vivre ailleurs. Des mois difficiles pour te faire entendre mais finalement une nouvelle maison qui t’accueille, de nouvelles belles éducatrices, d’autres personnes à séduire et qui s’accrocheront à ton cœur.

Parmi les femmes qui t’aiment, il y a ta maman et ta sœur Myriam.

Toutes deux ont toujours été très présentes. Tu aimais rentrer régulièrement en week-end chez ta maman. Tu aimais nous inviter à y boire une tasse de café et manger un morceau de tarte (ou deux.. ,ou trois…).

De temps z’en temps , il y a eu des moments difficiles comme lorsque ta maman a eu son problème de santé, un jour à tes côtés.

En quelques semaines, elle était amoindrie physiquement au point de devoir habiter dans un home. Elle, qui était si dynamique et indépendante, se retrouvait à devoir compter sur les autres.

Cette situation t’a beaucoup attristé.

Et de temps z’en temps, la vie se joue de nous.

D’une manière différente, toi aussi tu as perdu peu à eu de tes capacités. Plusieurs fois, nous avons cru te perdre et à chaque fois tu es revenu avec ta force de caractère, ta force de vie.

Il t’a fallu, toi aussi, accepter que tu ne saches plus tout faire comme avant, ce qui était difficile pour toi, comme pour nous.

Ces derniers mois, tu voyageais avec ta voiturette mais tu gardais ce besoin de bouger, de faire, de te rendre utile, de participer à la vie autour de toi. Au point de prendre des risques…

A mes yeux, ce désir de vie se traduisait dans tes œuvres : des personnages entourés de symboles : il y a du mouvement, des sourires ou des arcs de flèches, de la vie.

De temps z’en temps, le sort s'acharne.

En quelques mois, la vie s’enlève des deux femmes de ta vie : Viviane et ta maman.

Alors, dans tes yeux, nous avons vu beaucoup de tristesse. La petite flamme s’est éteinte doucement. Nous avons essayé tout ce que nous pouvions pour la rallumer, ne serait-ce qu’un instant.

Pardon si parfois tu as eu le sentiment de ne pas être entendu. Saches qu’autour de toi, il y avait beaucoup d’amour.

Est-ce cet amour qui t’a ramené à nous quelques jours fin juin, presque comme  « avant » : présent, enjoué, taquin, donnant un coup de main. Mais aussi, tout à coup conscient de l’immense absence.

Je me suis gavé de toi ces jours miraculeux, tellement que les artisans qui me voyaient arriver dans ton atelier me parlait immédiatement de toi !

Et puis, de temps z’en temps, l’amour n’est pas plus fort que tout. Il y a des combats que l’on ne gagne pas.

Et je t’entends peut-être me dire : « et blablabla et blablabla ».

Pardon d’avoir été si longue mais avoir été ta référente, c’était une chance de partager tous ses moments gais ou beaucoup moins,  de se connaître peu à peu pour avoir aujourd’hui tellement de mal à te dire aurevoir.

Tu vas me manquer.

Merci pour tout, vraiment.

Ca restera comme une lumière, qui m’tiendra chaud dans mes hivers, un petit feu de toi qui s’éteint pas.

Je t’entends : « Encore une chose…je peux une sèche ? »

Oui, allez, je te laisse retrouver ta maman, ta p’tite Vivi. Tu vas fumer ta sèche avec Jean-Pierre et je suis sûre, laisser à d’autres le plaisir de craquer sous ton charme.

J’te fais de gros bisous, avec tout mon amour !

 

22:15 Écrit par Love writer dans Amour | Lien permanent | Commentaires (0)

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