30/03/2009

Les mots justes d'un enfant

Le parrain de mon fils vient de perdre son papa.

J'ai demandé à mon fils (bientôt 9 ans) si il voulait lui écrire un petit mot.

Voici ce qu'il a écrit :

"Cher parrain,

Je voudrai te dire que je comprend parfaitement que ton papa est décédé mais ne tienquiete pas tu à encore de la companie. Je sais que pour toi s'est très crave mais tu sais encore limaginée dans ta tête.

c'est pas pour ca que je t'écrie cette lettre. j'espère que ça ira jusque là.

Et aussi n'oublie pas que si tu s'est venir le 8 avril a mon anniversserre (Si tu as envie de venir) "

J'ai été très touchée par les premières phrases qui en disent long sur sa manière d'appréhender la mort. Mais surtout qui démontrent son empathie et son désir de diminuer la peine de son parrain chéri.

Ensuite, le mauvais côté de l'adulte que je suis lui a dit qu'il ne fallait pas parler de son anniversaire, que ce n'était pas le moment ni le but de la lettre. En quelques secondes, j'ai brisé son oeuvre : son beau geste envers ce parrain qu'il aime tant. Et il s'est mis en colère ne comprenant pas mon désaccord, ni celui de son père.

Sa réaction m'a fait réfléchir.

Mon fils est un enfant ! Un enfant qui voit la vie, sa vie. Un enfant qui s'émeut de la tristesse de l'être qui l'aime et qui fait place ensuite au présent.

N'était-ce pas lui qui voyait juste ? Parler de son anniversaire, c'est parler d'un moment de bonheur. C'est chercher à ce que son parrain vienne le partager avec lui.

Aujourd'hui, à l'enterrement, j'ai expliqué tout ceci au parrain et je lui ai dit qu'il recevrait bientôt une jolie et touchante lettre...

22:22 Écrit par Love writer dans Amour | Lien permanent | Commentaires (1)

24/03/2009

Et vous ?

Après avoir "zieuté" sur le blog "Trentenaire, marié, deux enfants" (voir lien colonne de droite), je me suis demandée quelles étaient les dates pour lesquelles je savais précisément associer un souvenir.

Il y a les dates de naissance des enfants et la date de mon mariage. Il y a les dates de décès de personnes que j'aime. Les évènements sont reliés à ces années. Avant ou après, c'est le vide complet...

Il y a bien mon curriculum qui m'aide à connaître les dates de début et de fin d'études. Mais je ne sais pas me dire si tel bon moment s'est déroulé cette année-là ou pas.

Sauf ce jour-là...

C'était un mardi. Nous étions en vacances, mon mari, mes deux enfants (à l'époque) et moi. De belles vacances en Charentes Maritimes. Une région que nous découvrions et qui nous a beaucoup plu. Des journées partagées entre des ballades à vélo, des visites et des jeux de plage pour les enfants.

Ce jour-là, nous avions décidé de parcourir une partie de l'île de Ré à vélo. Après quelques efforts, nous avons mis pieds à terre et fait quelques pas dans une rue de Saint-Martin en Ré.

Je sentais quelque chose de bizarre, l'ambiance était particulière. Des gens étaient rassemblés dans les cafés, les télévisions étaient allumées.

J'ai partagé cette drôle d'impression à mon homme.

Nous étions à l'écoute de ce qui se disait autour de nous mais en même temps nous ne voulions pas vraiment connaître le pourquoi de tout cela. C'était comme si nous savions que c'était "trop grave".

Alors nous avons continué notre route... Nous nous sommes posés un peu plus loin sur le sable. Les enfants ont joué. Mais il y avait toujours cette lourdeur dans l'air, ce calme, cette sorte de sidération, d'instant long, d'hébêtement...

Quand nous avons repris la voiture en début de soirée, nous voulions savoir. Une pression sur l'auto-radio et...tout s'écroule. Avions-nous bien entendu ? C'était l'impossible, l'inimaginable, le pas "croyable"!!!

Un autre clic sur le bouton... Le silence...Je me souviens très bien que le paysage que nous traversions à ce moment-là n'avait plus le même éclat. Des tas de questions se bousculaient dans ma tête, des peurs immenses, une déception indéfinissable. La fin de quelque chose...

Et puis, la pulsion de vie ! Celle qui nous a poussé à maintenir le petit resto que nous avions prévu quelques jours plus tôt. Un moment hors du temps où en dégustant ses moules-bouchot, notre fille de 3 ans et demi nous a dit " hum! c'est bon comme l'amour!"

Voilà la vérité qui sort de la bouche de l'enfant : oui, il fallait continuer à croire en l'amour !

Quelques jours plus tard, notre troisième petit bout d'amour se nichait au creux de moi.

Et vous, que faisiez-vous le 11 septembre 2001 ?

23:03 Écrit par Love writer dans Amour | Lien permanent | Commentaires (5)

18/03/2009

Différences...(suites)

Il y a des questions que je me pose par rapport au handicap et dont je n'ai pas de réponses.

Les personnes handicapées, accueillies dans l'institution où je travaille, ont en moyenne 50 ans. A l'époque, le suivi de la grossesse, de l'accouchement et des premières années de vie de l'enfant ne bénéficiait pas de toutes les techniques actuelles. Les mères n'avaient pas de visite mensuelle, d'échographies, de "tri-test", d'amniosynthèse, etc...

Aujourd'hui, ce suivi ultra-médicalisé permet d'aider certaines grossesses, de sauver certains enfants mais il soulève aussi le problème du handicap.

Les examens pré-natals cherchent à connaître le pourcentage de "chance" d'avoir un enfant atteint de tel syndrome trisomique. L'échographie scrute chaque centimètre du corps du bébé afin de savoir si il est "normal".

Qu'est-ce qu'un enfant "normal" ? Est-ce un enfant qui a deux bras, dix doigts, deux jambes, dix orteils ? Est-ce un enfant qui a un beau profil ? Est-ce un enfant bien proportionné ? Est-ce un enfant qui a tout ce qui faut là où il faut ? D'ailleurs l'a-t-il réellement ? Car ce que l'on voit n'est qu'une façade. Tout le corps ne peut être sondé, seulement certaines différences peuvent être décelées.

Si vous avez répondu "oui" à chacune de ces questions, alors que fait-on d'un enfant à qui il manque un bras ? Ou une oreille ?  Que fait-on d'un enfant malade ou handicapé après sa naissance ? On zappe ???!!!

A partir de quel moment, prend-on la décision que ce petit bout n'est pas assez bien , que ce petit être n'a pas droit à la vie ? QUI peut avoir ce droit de vie et de mort sur lui ?

De notre conception, de notre naissance à notre mort, nous traverserons tous des épreuves plus ou moins difficiles, nous cotoyerons la maladie, les accidents. Ces évènements pourraient nous rendre un jour moins "beaux", moins "normaux" ou peut-être handicapés. Serons-nous alors aussi "zappés" ? "Exit" à celui qui n'est pas comme les autres ?

Quels seront alors les critères ? La productivité, l'aspect physique, le caractère invalidant, l'âge, le niveau intellectuel, la dépendance ?

N'existe-t-elle pas déjà cette mise à l'écart des personnes âgées dans certains homes qui ne sont que des mouroirs et non plus des lieux de vie ?

N'existe-t-elle pas pas cette distante indifférence ou cette distance indifférente à la personne handicapée ?

A vouloir à tout prix s'enfermer dans ces certitudes, dans ces habitudes, dans une norme pré-définie, ne passons-nous pas à côté de l'autre et donc à côté de nous ?

22:24 Écrit par Love writer dans Amour | Lien permanent | Commentaires (0)

14/03/2009

Belles différences

Il y a une polémique à la télévision britannique. Le sujet : une présentatrice d'émissions pour enfants, handicapée.

Plusieurs parents se sont plaignent que  "Cerrie Burnell  (la présentatrice) fait peur à leurs enfants ! Ils en auraient des cauchemars et poseraient des questions embarassantes sur les handicapés."

D'abord, il s'agit de PERSONNES handicapées. Pourquoi réduire quelqu'un à un adjectif ? Les vieux, les sourds, les gros, ...autant de personnes cachées derrière un qualificatif négatif. Non, il s'agit de personnes âgées, de personnes sourdes, de personnes grosses ou bien portantes. Retrouver avant tout un peu d'humanité.

"Les enfants feraient des cauchemars et poseraient des questions embarassarantes". J'ai montré la photo de Cerrie  à mes enfants et leur ai demandé  : "si demain, elle devait remplacer Bla-Bla, quelle serait votre réaction ? " Réponse : "rien, pourquoi ?"Pas de problème pour eux et j'en suis heureuse.

Pas de problème pour eux mais est-ce que cela ne vient pas des valeurs et de l'éducation que nous leur transmettons ? Un enfant naît sans distinction des différences. Quand peu à peu, il se rend compte de l'autre comme différent de lui, il observe comment l'entourrage est face à cet autre et prend exemple.

Il ouvre son coeur, il ouvre son corps et puis il ouvre sa tête...ou il se renferme dans les choses connues, rassurantes, identiques à lui.

Ceci est valable face au handicap mais aussi face à une culture, une religion, un milieu différents.

Ainsi donc ce serait les parents qui auraient peur, qui ne seraient quoi répondre face aux questions de leurs enfants.

Travaillant pour des personnes handicapées depuis 18 ans, je constate régulièrement le manque de civisme de certains quand ils empruntent la place de parking réservée aux personnes handicapées. J'observe les regards fuyants des passants ou les regards blessants des curieux. Je vois l'indifférence face à des aides dont nous aurions besoin.

Face à l'inconnu, je peux comprendre que la peur et la maladresse soient les premiers éléments d'une relation. Mais il faut prendre le risque de passer ce cap, de franchir ces barrières invisibles, de laisser les préjugés de côté et aller vers l'autre. Retrouver son coeur d'enfant...

Cela ne se mentalise pas, cela ne se calcule pas : cela se vit pleinement. Chaque jour au contact des personnes handicapées mentales, je me nourris de leur authenticité, de leur vérité, de leur manque de méchanceté, de leur intérêt vers l'autre. J'apprends beaucoup en vivant avec eux.

Pour moi, les personnes handicapées n'ont pas quelque chose de moins par rapport à d'autres mais elles ont bel et bien quelque chose de plus !

A suivre...

 

 

22:34 Écrit par Love writer dans Amour | Lien permanent | Commentaires (1)

09/03/2009

P'tite fée

Il manque quelqu'un près de nous, près de moi.

Te voilà loin de nous, loin de moi  le temps de tes premières "classes de mer".

Tu as retrouvé ta meilleure amie aux "pieds" du car et, déjà, tu voulais y grimper. Le temps de te rappeler à nous pour t'embrasser et l'étreinte se relâche, tu pars. Pas le temps de te dire tout ce que j'avais à te dire...

Je revois ton  grand sourire aux lèvres et tes grands bras qui faisaient "au revoir" comme une princesse dans son carosse. Tu envoyais des baisers à tout le monde, insouciante et pas du tout inquiète de ce qui t'attendait.

Quelle inquiétude ? La maman-poule que je suis se demande comment prendras-tu soin de toi. Demanderas-tu de l'aide pour t'attacher les cheveux, pour nouer tes lacets, pour veiller à te couvrir correctement. Oseras-tu dire quand tu as soif, quand tu as mal de tête ou quand tu es triste ? Seront-ils répondre à tes besoins, tes désirs, tes attentes ? Qui viendra te faire un câlin, un bisou au moment de te coucher ? Qui viendra te recouvrir au début de ta nuit ?

 

Voilà de quoi occuper les pensées d'une maman pendant ces trois longs jours.

Si c'est ta première fois, cela ne l'est pourtant pas pour moi... J'avais observé du coin de l'oeil les autres mères enfuies dans leurs mouchoirs. Quand ton car était à l'horizon, je n'étais pas en larmes au milieu du parking. Bien sûr que non, j'avais déjà essuyé mes yeux !

Je t'admires, ma chérie.

Tu es belle comme un coeur : ce coeur que tu aimes tant et qui se dessine sur tout ce qui t'appartient. Tu as un regard profond dans lequel se reflète la féerie de ton monde. Tu as l'insouciance de tes 7 ans, un indépendance de caractère, une force de persuasion, un rire craquant.

Je suis fière de ce que tu es.

Ton séjour avec l'école me faire prendre conscience des années passées. Tu n'es certes plus notre petite dernière mais tu as encore besoin de toute la tendresse et la douceur que tu cherches. Il en va de même pour ta grande soeur et ton grand frère. Voilà ce que j'oublies trop souvent et que j'apprends de ton absence aujourd'hui.

Alors  je t'envoie tout mon amour sous forme de vagues de bonheurs à partager avec tes amis, de dunes de souvenirs à construire, de souffles de mots doux, de cerfs-volants de baisers, de rayons de chaleur humaine, de bateaux de tendresse.

Il n'y a pas assez de grains de sable pour te dire combien je t'aime, ma p'tite fée !

22:46 Écrit par Love writer dans Amour | Lien permanent | Commentaires (1)

05/03/2009

Et si...

Il fallait que je leur dise aux enfants, dès leur retour de l'école. Je ne savais pas comment, j'allais attendre qu'ils l'évoquent.

C'est mon aîné qui a parlé du chat qui tournait autour de la cage de Lapina (nom qu'ils avaient finalement choisi après avoir pris connaissance du sexe). J'ai expliqué que le lapin n'y était plus, qu'elle n'avait pas survécu. Les enfants la savaient malade depuis un jour et demi. En effet, elle ne s'alimentait plus mais buvait régulièrement. Une indigestion, pensions-nous.

C'est mon chien qui m'a signalé en pleurnichant que c'était les dernières minutes pour le lapin. Fameuses perceptions des animaux, fameux 6ème sens...

Un animal dans notre foyer depuis environ 1 mois et pourtant tant de joies apportées. Chaque enfant lui a donné quelque chose de différent et elle avait des comportements particuliers avec chacun d'entre nous. Imaginez qu'ils jouaient même à cache-cache. Un enfant comptait et à "dix", premier qui trouvait Lapina ! C'était mignon à voir. Même notre Golden Retrienver (30 kilos de plus) taisait ses instincts de rapporteur de gibier et jouait, elle aussi à sa façon, à cache-cache.

Lapinou disparu ? Ma fille aînée n'a pas voulu me croire, elle s'est ruée sur la cage que nous avions laissé pour éviter le choc. Elle l'a ouverte et a enfoncé sa main dans le terrier en plastique...

Un silence ... puis l'un dit que nous aurons un deuxième lapin, l'autre change de sujet. C'était leur manière d'être moins triste.

Après quelques minutes, le temps de leur laisser le temps, je m'étonne de leur réaction. Et c'est là qu'ils se sont permis de craquer. Chacun est venu se consoler dans mes bras.

C'est toujours déchirant de voir les larmes dans leurs yeux et d'avoir ce sentiment de ne pouvoir rien faire, rien changer.

-"Où est-elle enterrée ?"

-"Dans le fond du jardin."

-"Mais il y a déjà une souris et un oiseau !"

-"Elle aura de la compagnie."

Cette pensée de ne  pas la savoir seule semble les consoler un peu.

La discussion a abordé la mort, sujet délicat pour tous. Imaginer la disparition de ceux que nous aimions. Les pensées étaient trop fortes pour mon fils, il était triste et fâché d'y être replongé.

Je lui ai parlé de la pensée positive, les belles images qu'il est bon d'inonder dans notre esprit, le bon qui amène le bon.

-"Et si, maman, (me dit mon fils un peu plus tard), nous savions par magie faire revivre Lapina, ce serait chouette, hein ?"

-"Oh, oui ! J'en profiterai pour faire revivre quelques personnes que j'aime et qui ne sont plus là."

-"Oui, la personne handicapée que tu aimais, l'oncle de papa à qui ma soeur donnait la main sur la photo, le papa de mon parrain ne serait pas malade, et puis..."

Et puis s'en est suivi quelques autres noms de personnes.

Pendant quelques minutes, tous ensemble, nous avons y avons cru.

Et si...

22:11 Écrit par Love writer dans Amour | Lien permanent | Commentaires (0)

04/03/2009

Magnifique moment de partage!

Ce midi, mon rendez-vous terminé, je zappe sur France 2. Laurent Voulzy est l'invité des "cinq dernières minutes" du journal .

Il sort un nouvel album d'anciens titres quelques peu modifiés. Parmi eux, "Rockollection" qu'il entonne.

Dans le studio (qui est en fait un grand hall), le public est composé de journalistes, caméramans, techniciens et autres. Divers balcons donne sur le hall. Chacun s'arrête le temps d'écouter le chanteur. Peu à peu le murmure s'amplifie et tous chantent avec lui, reprennent en choeur sa chanson.

Le temps s'arrête...un frisson puis un silence dans mon salon...Même mon p'tit bout ne bouge plus, il est toute ouïe ! Ca nous "colle au corps et au coeur "!

C'était un p'tit instant magique de partage, un moment spontané de bonheur commun.

Il se prolonge quand Laurent Voulzy parle du nouveau clip qui accompagne la chanson. Le titre version longue fait 19 minutes ! Ce n'est pas Laurent qui chante en playback mais lui, elle, vous ... Il a posé la caméra un peu partout (bureau, piscine, salon de coiffure., douche de rugbyman,...) et a demandé qui voulait participer au clip.

Cela donne un moment particulier, magique aussi.

Et si, vous aussi, vous voulez vous filmer en reprenant un couplet ou un refrain, faites-le et envoyer vos chef d'oeuvre. Ils seront peu à peu remplacés dans le clip, séquence par séquence !

Une idée géniale, la musique pour tous, un vrai partage pour le plaisir !

Allez voir ! Vraiment ! Car...on a tous dans l'coeur...

http://www.youtube.com/watch?v=uvb_3nIID0s&feature=ch...

 

 

 

 

 

22:15 Écrit par Love writer dans Amour | Lien permanent | Commentaires (2)